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Scarecrow – séance 1

Nouveau projet pour Julien pour compléter son chest avant d’attaquer le haut de son bras droit. Avec un thème sur lequel j’avais envie de bosser depuis un moment : l’épouvantail. Quatre heures de pique pour cette première séance.

Ça, c’était cool à dessiner ! J’ai pas vu passer les 5 heures à plancher dessus.

J’ai profité de la séance pour reprendre en photo le premier tattoo que j’ai fait à Julien il y a un peu plus de quatre ans, en octobre 2021. Les Sphinx en référence à un film qui a marqué pas mal de gens de notre génération : « Une histoire sans fin ». L’occasion de faire un point sur le vieillissement des tattoos. Parce que oui, un tattoo ça vieillit, avec l’être humain qui le porte. Le noir se patine et perd en intensité, tout comme les gris (et les couleurs qui contrairement à une idée reçu, sont souvent plus stables que des gris trop légers), les traits deviennent un peu moins nets et épaississent et, si ils ne sont pas bien anticipés, les écarts de blanc (petites zones de peau vierge cernées par du noir) ont tendance à disparaître. C’est comme ça, c’est normal, rien ne reste éternellement neuf. Et c’est tant mieux ! C’est pour cette raison qu’une belle pièce ne doit absolument pas comporter trop de détails puisque ces derniers seront de toutes façons voués à disparaître. Une règle d’or devrait guider tous les tatoueurs :

« Faire beaucoup avec très peu. »

Malheureusement avec l’avènement des réseaux sociaux et tous les bullshit qu’ils véhiculent il y a depuis quelques années une sorte de backlash sur ce que ma génération a appris de la précédente pour créer des visuels qui tiendront dans le temps. Du coup on vous vend des tattoos avec des noirs plus denses que celui d’un écran, des détails qui font la fierté des bouffons qui se vantent de pouvoir reproduire la chapelle Sixtine sur un timbre poste, des tracés plus fins que fins qui finiront par éclater ou disparaître. J’ai en tête des styles nouveaux comme le « micro réalisme » ou le « fineline » qui sont de complètes escroqueries. Le tattoo est un art plein de contraintes et la plus forte d’entre elles est que l’on travaille sur un support vivant, un support qui va prendre cher avec les années qui passent. Il faut l’accepter et en faire une force.

Alors évidement quand je vois sur les réseaux des pseudos tatoueuses-eurs qui ont encore du lait qui leur sort du nez et donc le même recul sur leur travail qu’un nouveau né sur la vie expliquer que « si, hein, ça vieillit très bien, hein, et que c’est pas parce que vous savez pas faire qu’il faut dire que c’est pas faisable » … Je me prends la tête dans les mains, partagé entre colère et lassitude, je me frotte énergiquement le visage pour ne pas craquer et laisser un commentaire du genre « Maiiiis ta gueule ! Tu mens et je ne suis même pas sûr que tu t’en rende compte. Sans doute parce que t’as appris le métier sur youtube, sans doute aussi parce que ton narcissisme puéril t’empêche d’apprendre des erreurs de tes aînés et d’écouter leurs conseils. Tu préfère leur cracher dessus en les traitant de boomer. Persuadé que tu es de pouvoir faire mieux que tous ceux qui t’ont précédés, tellement arrogant que tu penses même pouvoir aller contre les lois de la nature. Tu pourras utiliser le gode-à-tatouer dernier cri ou l’encre vegan-bidule, en ne respectant pas les contraintes de la peau tes tattoos finiront comme ils ont été pensés : comme de la merde ! » Après je me rappelle que le syndrome du chevalier blanc n’est pas pour moi, qu’à part me prendre une shitstorm sur la tronche ça ne va pas servir à grand chose (ça sent le vécu, hein ?) et je fais ce que toute personne qui tient un minimum à l’intégrité de ses neurones devrait faire : je coupe ces putains de réseaux !

La première photo de la galerie a été prise juste après la séance de gris, les deux suivantes juste après cicatrisation.

Eckyl & Jeckyl

Arrivé hier chez Eckyl & Jeckyl à Evreux après avoir traversé une nouvelle fois la diagonale du vide. Quinze jours de guest qui commencent par un plantage en bonne et due forme. Du coup je profite de l’occasion pour rappeler que les arrhes versés obligatoirement pour la pose d’un rendez-vous sont perdus quand vous ne vous y pointez pas ou annoncez moins d’une semaine avant que vous ne pourrez pas l’honorer.

Ceci étant dit, je suis toujours content de rejoindre mes petits camarades Ben et Nathan ! Respectivement tatoueur et pierceur de l’enseigne ébroïcienne. Si vous voulez aller jeter un oeil sur leur travail ils ont un site tout neuf : HTTPS://eckyljeckyl.com/

Ça fait déjà plus de deux ans que je viens ici en guest régulièrement. Sur l’un de ces passages j’ai eu l’occasion de tatouer un crâne sur le crâne de Benoît (cicatrisé sur la photo).

Baba Yaga

La main de Julien encrée la semaine dernière, dans la continuité de son bras terminé au début de l’année 2023, il y a presque trois ans.

En respectant la thématique du mythe de BABA YAGA, ou en tous cas l’ambiance « dark sorcery » puisque le symbole en bois qui traverse l’œil est une référence (que je vous laisse trouver) à un film beaucoup plus récent que l’histoire de la croque-mitaine slave.

Quand Julien est venu me trouver pour travailler sur cette idée j’étais très enthousiaste. Gosse j’étais fasciné par une illustration la représentant dans un des bouquins de contes que j’affectionnais. Cette vieille bonne femme qui volait en forêt dans une sorte de cocotier ressemblait à ma grand-mère Bernadette. Mais en méchant, parce que ma mémé, elle, était très gentille. Mais je me demandais quand même si ma mémé aussi pouvait voler dans un cocotier. A priori, non.

Enter The Dragon

En cherchant un titre pour ce post je me suis rappelé le morceau « Enter The Dragon » du groupe punk londonien Inner Terrestrials et puis en faisant une recherche j’ai découvert qu’il s’agit aussi du titre original du film Opération Dragon avec Bruce Lee pour héro. Bref, du punk et du karaté ça n’a pas grand chose à voir avec le sujet de ce post mais ça vous donne une petite idée du bordel qui s’agite en permanence dans ma tête. Pour en revenir à nos moutons, ou nos dragons en l’occurrence, j’ai avancé sur le bras de Greg hier (la photo du dessus). On s’approche tranquillement de la fin du projet attaqué il y a un an environ. Il serait sans doute déjà terminé si je n’avais pas fait ma petite pause de quatre mois pour partir en trek cet été. Heureusement Greg est patient. Et il a raison, Greg, parce que si il y a bien une qualité essentielle tant pour le tatoué que pour le tatoueur quand on se lance dans une grosse pièce, c’est la patience.

J’en profite pour expliquer un peu mon process pour la mise en place d’un bras. Après avoir pris le temps de discuter du sujet, du rendu souhaité, du temps de travail et de l’implication que ça va représenter; je prends une demie journée pour dessiner directement sur la personne (du freehand quoi…). Je garde une « empreinte » de ce premier jet et je dessine sur cette base le projet final. La première séance a lieu en général un mois plus tard. Le dessin étant sur mesure et complètement adapté à la morphologie de la personne il n’y a aucune surprise lors de la pose du carbone.

Petite spécificité pour Greg, et parce que quand c’est trop facile c’est pas marrant : un gros cover de l’espace. Sans doute l’un des plus compliqués auxquels je me soit attaqué. Une bonne grosse bouse encrée au burin par un bourrin qui s’y connaît autant en tattoo que moi en théorie des cordes.

Normalement je termine un bras avant d’accepter de faire la main. Le gâteau d’abord, la cerise après. Mais je n’avais aucun doute sur la motivation de Greg et vu son taf on a profité d’une veille de vacances pour lui taper ça en tout début de projet.

Sur ce, je vais aller voir si je peux pas me trouver un bon gros film de karaté pour ce soir !

Restart

Quatre mois sans toucher une machine. En plus de 22 ans de tattoo je n’avais jamais fait une pause aussi longue alors j’avais anticipé une reprise dans ma zone de confort. Un client que je connais très bien, Kylian, un bras en cours et un sujet que je maîtrise sur le bout des doigts : un crâne. En atelier privé, peinard dans ma campagne auvergnate. À priori c’est comme le vélo! À priori parce que j’y connais rien en vélo. Par contre j’ai presque passé la moitié de ma vie à bosser avec une coil dans les mains alors ça commence à être une seconde nature. Et c’était salement plaisant de retrouver le doux ronronnement de mon outil de travail!