Sujets dans "Dessins & sketchs"

Electric Moray

Un des dernier tattoo de 2025, et déjà cicatrisé, la « Murène électrique » de Max AKA Le Zoav. Max a toujours des idées super originales ! Des idées qui me surprennent et me font dire  » Ha ouais ! Quand même… Et ben ça va être fun à traiter ça ! » (Merci Hugo de « Rite tattoo » pour la photo).

Il y a deux ans je lui avais déjà fait l’autre intérieur d’avant bras en guest chez Mon pote Hugo (encore lui) à Montluçon. Un serpent qui se transforme en chaîne coupée par un coupe-boulon.

Faites comme Max, ayez des idées originales !!!

Ci dessus, cicatrisé. Ci dessous, tout frais.

Scarecrow – séance 1

Nouveau projet pour Julien pour compléter son chest avant d’attaquer le haut de son bras droit. Avec un thème sur lequel j’avais envie de bosser depuis un moment : l’épouvantail. Quatre heures de pique pour cette première séance.

Ça, c’était cool à dessiner ! J’ai pas vu passer les 5 heures à plancher dessus.

J’ai profité de la séance pour reprendre en photo le premier tattoo que j’ai fait à Julien il y a un peu plus de quatre ans, en octobre 2021. Les Sphinx en référence à un film qui a marqué pas mal de gens de notre génération : « Une histoire sans fin ». L’occasion de faire un point sur le vieillissement des tattoos. Parce que oui, un tattoo ça vieillit, avec l’être humain qui le porte. Le noir se patine et perd en intensité, tout comme les gris (et les couleurs qui contrairement à une idée reçu, sont souvent plus stables que des gris trop légers), les traits deviennent un peu moins nets et épaississent et, si ils ne sont pas bien anticipés, les écarts de blanc (petites zones de peau vierge cernées par du noir) ont tendance à disparaître. C’est comme ça, c’est normal, rien ne reste éternellement neuf. Et c’est tant mieux ! C’est pour cette raison qu’une belle pièce ne doit absolument pas comporter trop de détails puisque ces derniers seront de toutes façons voués à disparaître. Une règle d’or devrait guider tous les tatoueurs :

« Faire beaucoup avec très peu. »

Malheureusement avec l’avènement des réseaux sociaux et tous les bullshit qu’ils véhiculent il y a depuis quelques années une sorte de backlash sur ce que ma génération a appris de la précédente pour créer des visuels qui tiendront dans le temps. Du coup on vous vend des tattoos avec des noirs plus denses que celui d’un écran, des détails qui font la fierté des bouffons qui se vantent de pouvoir reproduire la chapelle Sixtine sur un timbre poste, des tracés plus fins que fins qui finiront par éclater ou disparaître. J’ai en tête des styles nouveaux comme le « micro réalisme » ou le « fineline » qui sont de complètes escroqueries. Le tattoo est un art plein de contraintes et la plus forte d’entre elles est que l’on travaille sur un support vivant, un support qui va prendre cher avec les années qui passent. Il faut l’accepter et en faire une force.

Alors évidement quand je vois sur les réseaux des pseudos tatoueuses-eurs qui ont encore du lait qui leur sort du nez et donc le même recul sur leur travail qu’un nouveau né sur la vie expliquer que « si, hein, ça vieillit très bien, hein, et que c’est pas parce que vous savez pas faire qu’il faut dire que c’est pas faisable » … Je me prends la tête dans les mains, partagé entre colère et lassitude, je me frotte énergiquement le visage pour ne pas craquer et laisser un commentaire du genre « Maiiiis ta gueule ! Tu mens et je ne suis même pas sûr que tu t’en rende compte. Sans doute parce que t’as appris le métier sur youtube, sans doute aussi parce que ton narcissisme puéril t’empêche d’apprendre des erreurs de tes aînés et d’écouter leurs conseils. Tu préfère leur cracher dessus en les traitant de boomer. Persuadé que tu es de pouvoir faire mieux que tous ceux qui t’ont précédés, tellement arrogant que tu penses même pouvoir aller contre les lois de la nature. Tu pourras utiliser le gode-à-tatouer dernier cri ou l’encre vegan-bidule, en ne respectant pas les contraintes de la peau tes tattoos finiront comme ils ont été pensés : comme de la merde ! » Après je me rappelle que le syndrome du chevalier blanc n’est pas pour moi, qu’à part me prendre une shitstorm sur la tronche ça ne va pas servir à grand chose (ça sent le vécu, hein ?) et je fais ce que toute personne qui tient un minimum à l’intégrité de ses neurones devrait faire : je coupe ces putains de réseaux !

La première photo de la galerie a été prise juste après la séance de gris, les deux suivantes juste après cicatrisation.

La bougeotte

2025 n’a pas été une année simple pour tout le monde, loin s’en faut. A se demander si ça sert bien à quelque chose de souhaiter quoi que soit à qui que ce soit pour celle qui démarre. Du coup, dans le doute, je vais m’abstenir. Surtout que la mienne a plutôt figuré parmi les meilleures depuis bien longtemps.  De beaux projets dessin et Tattoo avec des clients aussi motivés qu’adorables et puis j’ai largement assouvi mon irrépressible besoin de bougeotte entre des guests réguliers en Alsace, Bretagne et Normandie et ma p’tite balade de 1500 bornes à pied sur le GR5.

2026 s’annonce elle aussi des plus passionnantes ! Je l’avais annoncé en février dernier (sur les réseaux sociaux), je quitte l’Auvergne l’été prochain après 15 ans passés entre et sur ses volcans. La bougeotte, toujours. 

Et c’est avec un grand plaisir que je vous annonce que c’est pour rejoindre, en tant que résident (evil), l’équipe de ECKYL &JECKYL à Évreux, en Normandie ! Je ne cache pas mon enthousiasme à l’idée de travailler à plein temps aux côtés de ceux qui sont devenus des amis au fil des guests passés là bas depuis quelques années : Ben et Nathan (respectivement tatoueur et pierceur dudit shop – vous pourrez trouver les liens vers leurs pages dans le site, juste en dessous).

De façon pragmatique d’ici à mon déménagement je vais continuer à honorer mes rdvs en atelier privé en Auvergne (où je suis complet) mais vous pourrez déjà me retrouver tous les mois dans le plus vieux et sérieux shop de tattoo/piercing ébroïcien!

Longue vie à ECKYL & JECKYL

ENJOY THE BEST & FUCK THE REST !

Le process de dessin sur ipad – avec Procreate. 11 heures de dessin (et 12511 traits tracés, le logiciel enregistre tout) résumées en 24 secondes.

Le visuel qui m’a servi de base pour l’idée. J’étais en pleine recherche de documentation pour un projet de tattoo (le bras de Gaël, en cours, avec pour thème principal un loup garou) quand je suis tombé sur ce fan art du film de John Landis. Un film presque aussi vieux que moi puisqu’il date de 1981. Il m’avait marqué quand je l’ai vu bien des années après sa sortie. Et visiblement il n’a pas marqué que moi puisque j’ai trouvé pas mal de dessins de référence. Celui ci m’a impressionné. C’est une illustration de Gabz dont j’ai découvert l’incroyable travail au passage.

Baba Yaga

La main de Julien encrée la semaine dernière, dans la continuité de son bras terminé au début de l’année 2023, il y a presque trois ans.

En respectant la thématique du mythe de BABA YAGA, ou en tous cas l’ambiance « dark sorcery » puisque le symbole en bois qui traverse l’œil est une référence (que je vous laisse trouver) à un film beaucoup plus récent que l’histoire de la croque-mitaine slave.

Quand Julien est venu me trouver pour travailler sur cette idée j’étais très enthousiaste. Gosse j’étais fasciné par une illustration la représentant dans un des bouquins de contes que j’affectionnais. Cette vieille bonne femme qui volait en forêt dans une sorte de cocotier ressemblait à ma grand-mère Bernadette. Mais en méchant, parce que ma mémé, elle, était très gentille. Mais je me demandais quand même si ma mémé aussi pouvait voler dans un cocotier. A priori, non.

Helloween

Il y a pil poil cinq ans, en 2020, lors du second confinement, je réalisai cette illustration pour halloween. J’apprenais à me servir de ma tablette et à l’époque je n’avais rien contre cette « fête », aussi commerciale et vidée de son sens premier soit elle. Depuis, pour des raisons personnelles, je ne peux plus l’encadrer.

J’ai malgré tout au moins un bon souvenir de cette période, un souvenir qui date de 2019. Cette année là j’avais fait l’île de Skye en Ecosse au printemps avec un pote et sur ma lancée j’avais décidé de partir en automne sur le GR91 pour la traversée du Vercors. 9 jours de marche en solitaire et en autonomie totale de St-Nizier-du-Moucherotte à Rosans. Des paysages époustouflants et une nature intacte sans trace de l’homme ou presque. Complètement seul à cette période sur les sentiers dans une ambiance souvent brumeuse et irréelle. Je me souviens de m’être abrité d’un orage dans une cabane non gardée au coeur de la forêt, de m’être perdu pour trouver une vallée incroyable, d’avoir affronté un froid glacial pour faire l’ascension du Grand Veymont. Et puis je me suis arrêté deux jours en fin de trek pour me reposer dans la ville médiévale de Rosans et dans un endroit insolite : une chambre d’hôte dans un vieux château dont le mobilier ancien et les armoiries étaient couverts de poussières et de toiles d’araignée. C’était un 31 octobre.

Enter The Dragon

En cherchant un titre pour ce post je me suis rappelé le morceau « Enter The Dragon » du groupe punk londonien Inner Terrestrials et puis en faisant une recherche j’ai découvert qu’il s’agit aussi du titre original du film Opération Dragon avec Bruce Lee pour héro. Bref, du punk et du karaté ça n’a pas grand chose à voir avec le sujet de ce post mais ça vous donne une petite idée du bordel qui s’agite en permanence dans ma tête. Pour en revenir à nos moutons, ou nos dragons en l’occurrence, j’ai avancé sur le bras de Greg hier (la photo du dessus). On s’approche tranquillement de la fin du projet attaqué il y a un an environ. Il serait sans doute déjà terminé si je n’avais pas fait ma petite pause de quatre mois pour partir en trek cet été. Heureusement Greg est patient. Et il a raison, Greg, parce que si il y a bien une qualité essentielle tant pour le tatoué que pour le tatoueur quand on se lance dans une grosse pièce, c’est la patience.

J’en profite pour expliquer un peu mon process pour la mise en place d’un bras. Après avoir pris le temps de discuter du sujet, du rendu souhaité, du temps de travail et de l’implication que ça va représenter; je prends une demie journée pour dessiner directement sur la personne (du freehand quoi…). Je garde une « empreinte » de ce premier jet et je dessine sur cette base le projet final. La première séance a lieu en général un mois plus tard. Le dessin étant sur mesure et complètement adapté à la morphologie de la personne il n’y a aucune surprise lors de la pose du carbone.

Petite spécificité pour Greg, et parce que quand c’est trop facile c’est pas marrant : un gros cover de l’espace. Sans doute l’un des plus compliqués auxquels je me soit attaqué. Une bonne grosse bouse encrée au burin par un bourrin qui s’y connaît autant en tattoo que moi en théorie des cordes.

Normalement je termine un bras avant d’accepter de faire la main. Le gâteau d’abord, la cerise après. Mais je n’avais aucun doute sur la motivation de Greg et vu son taf on a profité d’une veille de vacances pour lui taper ça en tout début de projet.

Sur ce, je vais aller voir si je peux pas me trouver un bon gros film de karaté pour ce soir !

Niglo Punk

Le hérisson de ses morts de Thibault. Un one shot en blackwork réalisé fin 2023 en atelier privé. Depuis le temps que je ne mettais plus à jour ARTERRÖR je vais alterner les posts sur des projets actuels, en cours ou tout juste terminés, et des projets un peu plus anciens. J’en profites aussi pour préparer la mise à jour de mon book papier (parce que le numérique c’est bien mignon mais je reste toujours attaché au « concret ») et les galeries du site. Site qui est toujours en cours de construction (depuis plus de deux ans, mon infographiste étant officiellement le mec le plus poissard que je connaisse) mais qui ne devrait pas tarder à voir le jour !

J’ai rajouté un petit avant/après cicatrisation. Forcément, c’est moins vendeur après cicatrisation et avec des poils… Mais c’est la réalité de ce qu’est vraiment un tattoo. Si un tatoueur ne montre jamais son taf autrement que tout frais, fuyez.

Le GR5 « Hep feiz na reizh ! »

Trek'n'Roll !
Trek’n’Roll !

J’ai mis presque dix ans à trouver le moment, la fenêtre, que j’ai forcé au pied de biche, qui me permettrait de vivre cette aventure: Le GR5. Ou en tous cas la partie française du sentier européen E2 qui relie l’Ecosse à la Méditerranée en passant par la Grande Bretagne, les Pays-Bas, la Belgique, Le Luxembourg, La France… sur plus de 5700 kms!

Je suis parti de Yutz, à quelques kilomètres de la frontière du Luxembourg, le 17 mai dernier pour terminer 93 jours plus tard, le 17 août, à Menton. 1500 bornes (sans doute un peu plus) seul et en semi-autonomie à travers la Moselle, les Vosges, le Jura et enfin les Alpes. Depuis que j’ai découvert la randonnée et le trek, en 2016, je rêvai de partir sur ce qu’on appelle du « thru-hiking ». Tout mettre en pause et partir marcher des semaines, des mois même. Une coupure radicale, nécessaire. Se débarrasser de toute contingence et vivre dans la nature. La découverte au quotidien, aucune routine si ce n’est celle de mettre un pied devant l’autre. Une expérience de vie complètement dingue ! Une expérience qui a eu aussi l’effet escompté : une sorte de « RESET ». Faire table rase d’un passé un peu trop encombrant par moments pour mieux se concentrer sur le présent.

Voilà déjà un mois jour pour jour que je suis rentré et je redescends tout doucement en me réadaptant à une vie « normale ». Il est temps puisque je reprends le tattoo demain. Ca fait déjà 15 jours que j’ai repris le taf mais avec le dessin, sans voir personne ou presque, tranquille dans la « zone hors d’attraction » où j’habite.

Je ne raconterai pas cette aventure ici parce que ce n’est pas l’endroit pour le faire (même si je posterai régulièrement des photos dans la catégorie « WILD RIDES » – mon goût pour la nature faisant, au moins dans ma tête, partie intégrante du chaos créatif qui s’y trouve !) et parce que ce serait tout simplement bien trop long. Mais je rajoute quand même quelques photos des endroits qui m’ont le plus marqué, ou à tout le moins quelques uns d’entre eux. Et, si nos chemins se croisent, j’aurai toujours plaisir à en discuter !

« Seules les pensées qu’on a en marchant valent quelque chose. »

F.Nietzche

« Et, bordel, j’ai marché ! »

Sylvain

Si le récit complet intéresse quelqu’un, je suis en train de le narrer jour après jour sur une page facebook : https://www.facebook.com/WildRides63/